Le premier tour des élections cantonales s’est traduit par une abstention record et un score très élevé du Front National.
Ces tendances sont encore accentuées en Moselle, où la moyenne du FN est supérieure de 9 points à son score national et la participation inférieure de 10 points.
Cette désaffection du civisme est grave. Elle a été accentuée par le choix du gouvernement de découpler cette élection d’une autre, plus médiatique, comme les municipales ou les régionales et ce pour la première fois depuis 1994. On doit y ajouter le désintérêt des medias et les exigences de l’actualité, tournées vers le printemps arabe, la Libye ou encore les suites de la catastrophe au Japon.
Le gouvernement s’attendait à une nouvelle claque pour l’UMP. C’est pourquoi il n’a rien fait pour inciter au civisme. Cela lui permet de nuancer la gifle pour le parti présidentiel, talonné par le Front National.
Le succès du parti d’extrême-droite, au-delà de la très médiatique vague « bleu marine », interpelle tous les républicains. Car si les électeurs ont sanctionné l’UMP, ils ont marqué leur défiance envers l’ensemble des partis de gouvernement. Dans le cas de l’UMP, cela répond fort justement aux wagons de promesses non tenues du Président de la République et du résultat désastreux de la gestion du pays par la droite. De même, par ses discours ambigus sur l’identité nationale, la place de l’islam dans la République ou encore la surenchère sécuritaire, l’UMP a fait le lit du FN, ou encore la stigmatisation des élus, les électeurs finissant par préférer l’originale à la copie.
Je n’ai pas la langue de bois. Le Parti socialiste, parti pivot d’une alternance démocratique, n’a pas su convaincre de sa crédibilité et de sa capacité à répondre aux angoisses de beaucoup de gens.
Ce qu’ils attendent, c’est que nous soyons capables de répondre, de façon crédible, dans un contexte économique et budgétaire très difficile, aux sujets majeurs : emploi, exclusion, pouvoir d’achat, insécurité et mal vivre dans beaucoup de quartiers.
La nécessité de barrer la route au FN, à ses discours de haine et à ses fausses solutions, passe par une position claire. Le gouvernement avait cru malin de relever à 12,5% des inscrits la clause de maintien au second tour, pensant gêner le FN. Dans près de 400 cantons, il sera présent au second tour. Là où le candidat de gauche est éliminé, il faut empêcher l’élection de candidats du FN qui n’ont rien à apporter, sauf des débats honteux, au sein du Conseil Général. C’est pourquoi il faudra utiliser le bulletin du candidat qui partage les valeurs de la République, sans avaliser l’idée d’un prétendu Front Républicain qui serait dévastatrice, donnant du grain à moudre au FN.
Il faut dénoncer les échecs de l’UMP, sa responsabilité écrasante dans la situation ainsi créée. La tradition républicaine dit « au premier tour, on choisit. Au second tour, on élimine » C’est ce qu’il faudra faire quand malheureusement le choix se limite entre la droite et l’extrême-droite.
Je reviendrais dans un autre billet sur l’analyse en Moselle.
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