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L’attention des medias est à juste titre focalisée sur de dramatiques événements : la guerre civile en Libye et surtout le terrible tremblement de terre du Japon et ses conséquences, le tsunami et de graves accidents sur les centrales nucléaires de la zone touchée, cela ne semble guère le moment de parler des élections cantonales des 20 et 27 mars.
En dehors de ce contexte, il faut reconnaître que les medias dominants, au service du pouvoir sarkozyste, conscients de la nouvelle et probable déroute de l’UMP et de ses satellites, veulent faire de cette campagne la chronique d’une abstention annoncée, pour en minimiser la portée.
Certes, la moitié des cantons seulement est concernée. C’est la première fois depuis 1994 que cette élection est organisée sans le « support » d’une autre élection jugée plus mobilisatrice, comme les Régionales ou les Municipales.
Au vu de la place consacrée au sujet dans les medias nationaux et du peu de mobilisation constatée dans la plupart des réunions publiques, le pari semble gagné pour en faire un non-événement, une péripétie politique.
Je participe à beaucoup de réunions pour soutenir mes amis socialistes dans les cantons que nous espérons arracher à la droite. Dans un certain nombre de cas, comme la semaine dernière à Grosbliederstroff, en présence de Pierre Moscovici, venu soutenir Michaël Weber, ou encore à Hombourg-Haut, où j’étais allé soutenir Gilbert Weber, la participation était intéressante.
Il faut mobiliser car ces élections valent bien les sondages dont on nous abreuve. Elles sont la dernière occasion, un an avant les échéances décisives, de sanctionner le Président de la République, son équipe, sa gestion et ses promesses non tenues.
L’an dernier, des manifestations massives, avec le soutien de l’opinion publique, avaient refusé la « réforme » des retraites, parce qu’elle était injuste et inefficace. Pourtant, une majorité parlementaire aux ordres a finalement voté ce texte. Dans les cantons renouvelables, il faudra sanctionner les candidats de droite, pour leur faire payer ce mauvais coup, notamment envers les femmes, les travaux pénibles, les carrières longues. A cet égard, le canton de Metz II prend valeur de symbole, puisque s’y présente, contre la conseillère sortante PS, Christiane Pallez, le « bon » Docteur Jacquat, Rapporteur de la loi à l’Assemblée Nationale.
Un autre enjeu national est de faire payer aux sortants de droite la « facture UMP », que je ne cesse de dénoncer au Conseil général. Il s’agit essentiellement du coût, pour les finances départementales, du transfert des charges de l’Etat vers le département, pas ou insuffisamment compensées et décidées par l’UMP depuis 2004. Il s’agit des routes nationales, des personnels TOS des collèges, du RMI et du RSA et surtout de la bombe à retardement que constitue l’allocation personnalisée d’autonomie, l’APA. De l’aveu même du Président sortant, ce sont des dizaines de millions d’euros qui nous manquent et qui pèsent sur le budget départemental, expliquant la lente mais inexorable montée de l’endettement (pas de dette en 2002, plus de 400 millions d’euros en 2010). On peut même charger la barque en rappelant l’impact du plafonnement de la taxe professionnelle au regard de la valeur ajoutée (coût 12 millions d’euros !) et surtout la suppression de la taxe professionnelle et le nouveau panier de ressources qui prive quasiment le Département de l’autonomie fiscale.
Ils sont responsables car leurs parlementaires votent ces lois scélérates. Ils font semblant de l’oublier, y compris le Président Leroy qui oublie les responsabilités du sénateur Leroy. Les actes de Paris sont oubliés, voire condamnés à Metz.
Une dernière remarque : nous avons perdu l’UMP dans cette campagne. Nulle part, les candidats qu’elle a investis ou qu’elle soutient, comme les « indépendants » de Moselle, n’osent afficher sur leurs affiches, leurs professions de foi et surtout leur bulletin une référence au grand parti de droite ou au Président de la République. Pensez donc, ils sont « majorité départementale », « indépendants », même pas « divers droite ». Ils ont honte ou quoi ? En politique, les engagements et les idées sont respectables.
Mais il n’est pas acceptable de s’avancer masqué. Que les derniers jours de campagne permettent aux électeurs d’identifier les UMP et leurs fidèles soutiens, soi-disant indépendants et d’adresser, par un vote sanction, le message qu’il convient à Nicolas Sarkozy.
Il y a deux manières de voter UMP, soit par le bulletin de vote, soit par l’abstention, qui, si elle est massive, permettra aux Coppé et autres Lefèvre d’atténuer la portée de la gifle qu’ils vont à nouveau recevoir. Sans compter que l’abstention peut aussi favoriser une poussée annoncée du Front National, encore plus dangereux dans sa version bleu marine.
Je reviendrai dans d’autres billets sur les enjeux départementaux du scrutin et sur le bilan de la majorité sortante.
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