Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 17:46

Vendredi soir, avait lieu le vernissage de l’exposition consacrée par l’association Florange Patrimoine et culture à « l’école d’autrefois ».

 

Cette exposition, réalisée à partir de matériaux récupérés dans les écoles de notre ville, est l’occasion de réfléchir.

 

Il y a bien entendu une nostalgie, pourquoi le nier, sur un temps révolu, celui des encriers et de la craie, celui où l’on enseignait l’histoire à partir des gravures murales, l’époque du Bled et de la dictée.

 

Dans mon allocution, j’ai rappelé que l’école a été, au XIXème siècle, au cœur du combat républicain, qu’elle est au cœur des valeurs, je dirais même des gênes de la République. Le triptyque de Jules Ferry, obligation scolaire, gratuité, laïcité, parait aujourd’hui aller de soit mais il avait fallu l’imposer. La République s’est fondée sur la croyance au progrès, laquelle repose sur l’instruction publique, pour reprendre le terme des pères fondateurs. J’ai aussi rappelé que les instit, les « hussards noirs de la République »comme on disait, arrivaient dans la « carrière » avec une vocation, un sens évident de leur mission

 

De même, si le XXème siècle, et surtout l’après-guerre, a permis la démocratisation, avec le collège pour tous et l’objectif de 80% d’une génération au niveau du baccalauréat, les apprentissages de base restent décisifs dans la réussite ou l’échec d’un enfant, processus qui reste encore largement un processus de reproduction sociale.

 

C’est pourquoi cette exposition m’inspire trois réflexions :

 

  • L’école devrait être une priorité absolue. Or, depuis 2002, des dizaines de milliers de postes ont été supprimés, et ce bien au-delà des baisses des effectifs ; pire, par le biais de la « réforme » de la carte scolaire, ce sont les quartiers en difficulté qui ont été le plus frappés par cette logique purement comptable .

 

  • Le processus d’échec se joue souvent très tôt. Dans ce cadre, la maternelle, parce qu’elle permet une socialisation de l’enfant au-delà des inégalités sociales et culturelles, joue un rôle décisif. Il est dans les projets de la droite de revenir en arrière, les jardins d’enfant de Mme Morano n’ayant pas le même rôle que la maternelle, première pierre de l’école.

 

  • La cerise sur le gâteau est la « réforme » (encore une !) de la formation des maîtres. La réussite à un concours et l’excellence des connaissances théoriques ne suffisent pas à préparer à ce qui est un métier. Remplacer la formation pratique et l’immersion progressive par un vague tutorat, mettre directement les lauréats des concours devant les élèves, cela est une faute grave.

 

Dans le triste bilan d’une décennie de droite aux commandes de l’Etat, les dégâts causés à l’école pèseront lourds.

 

Dans la pénurie budgétaire qui continuera à peser sur le pays après 2012, il faudra des priorités. Reconstruire une école ambitieuse en fera certainement parti. Voilà un thème de réflexion pour ceux qui s’interrogent sur le sens de l’action publique et sur les différences profondes entre la droite et la gauche.

Par Philippe Tarillon - Publié dans : Réactions et combats
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