Partager l'article ! Florange: bilan 2010 et perspectives: En parallèle au discours prononcé lors des voeux de la CAVF, je publie les principaux extraits du discour ...
En parallèle au discours prononcé lors des voeux de la CAVF, je publie les principaux extraits du discours de la cérémonie des voeux du maire, le 15 janvier dernier, à la Passerelle.
Depuis 1989, nous avons tant fait ensemble, doté cette ville d’équipements et de services à la population dont nous pouvons être légitimement fiers. D’autant que nous avons su réaliser tout cela en conservant la maîtrise de nos finances. Pour ne donner qu’un seul chiffre, mais parlant, en une vingtaine d’années, le capital de la dette a certes augmenté de 7 millions d’euros, mais nous avons investi 50 millions d’euros, plus de 7 fois cette somme ! Notre ville aura ainsi été durablement transformée par l’action d’une équipe, à qui je dis que nous avons encore tant de choses à faire ensemble.
Même si l’on en parle moins, la crise économique et ses conséquences sociales sont toujours là. L’indicateur du chômage le confirme hélas avec un nombre de demandeurs d’emplois qui atteignait 712 en décembre 2010, contre 920 en début d’année 2010. Nous mesurons le triste chemin parcouru depuis le point le plus bas, qui était de 402 en juin 2008.
Nous ne restons pas les bras croisés devant ce dramatique constat : les services du Centre Communal d’Action Sociale, à qui je veux rendre hommage car leur tâche est bien difficile, ainsi que ceux de l’espace du citoyen, jouent un vrai rôle d’amortisseur. La Ville a participé au plan de relance et poursuit un effort d’investissement conséquent, près de 3 millions d’euros en 2009 et encore 1 751 532€ en 2010.
Et pourtant l’Etat n’a de cesse de nous compliquer la tâche, en faisant disparaître les emplois aidés, après nous avoir vivement incité à en recruter (allez comprendre !), en supprimant la taxe professionnelle, en diminuant ses concours financiers au mépris de la parole donnée, en réduisant comme peau de chagrin les financements au titre de la politique de la Ville, en démantelant pierre par pierre les services publics de proximité, y compris ceux qui engagent notre avenir, comme l’école ou ceux qui sont dans ses missions régaliennes, comme la sécurité ou la justice, malgré la bonne volonté des agents qui en ont la charge.
On me dira que cette politique est imposée par le diktat des marchés financiers et des agences de notations, face à la montée brutale de la dette publique (57 % du PIB en 2002, sans doute 100% à la fin du quinquennat !) et qui s’explique en partie par les cadeaux dispendieux faits aux catégories sociales les plus privilégiées. Mais il y aussi, derrière cette politique, une volonté politique et une idéologie : celle du libéralisme exacerbé, qui rêve d’un Etat minimal et de la liberté du renard libre dans le poulailler libre. Il y aussi la volonté de briser les contrepouvoirs que sont les collectivités territoriales, à défaut d’en obtenir le contrôle par les élections. C’est ce que j’ai appelé la stratégie de l’étrangleur ottoman : après la suppression en 2010 de la taxe professionnelle, qui va lourdement peser sur les ménages, après la confirmation pour 2011 de la baisse des dotations de l’Etat alors que les transferts de charges et les effets de la crise pèsent sur les budgets, la réforme territoriale couronne l’édifice.
Le débat public sur la réforme s’est focalisé sur le conseiller territorial, faux semblant qui repose sur un calcul politicien. Mais le plus grave est ailleurs, avec la disparition de la clause générale de compétence pour les Départements et les Régions, combinée avec la perte de l’autonomie fiscale de ces deux collectivités, particulièrement touchées par les transferts de charges, l’interdiction des « financements croisés » et enfin le principe du ticket modérateur pour les investissements, tout cela applicable pour 2014. Ce sera dramatique pour de nombreux secteurs publics, comme le BTP, porteurs d’emplois non délocalisables.
Je le dis clairement : l’endettement a une limite, comme le recours à la fiscalité communale. Si cette réforme va à son terme, alors au prochain mandat, les équipes qui se présenteront à vos suffrages auront déjà bien du mal à essayer d’entretenir le patrimoine actuel et à maintenir la gamme des services qui vous sont offerts!
Qu’il faille réduire le poids de la dette publique, nul ne saurait le contester. Mais que l’on n’oublie jamais que les collectivités territoriales n’empruntent que pour leurs investissements, pas pour boucler les fins de mois, comme l’Etat. Si elles pèsent pour 10% dans la dette publique de la France, elles assurent 75% de l’investissement public. Oublier cela, c’est aller contre l’emploi, contre l’aménagement du territoire, contre le service public et la solidarité. C’est pour cela que j’espère fortement que les prochaines échéances politiques permettent de revenir sur cette partie mortifère de la réforme territoriale.
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