Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 15:48

Mardi 7 septembre, à l’appel de toutes les confédérations syndicales, 2 millions de personnes sont descendus dans la rue pour marquer leur opposition à la « réforme » des retraites. Pour ma part, j’ai participé à la manifestation messine, qui a réuni près de 15.000 personnes.

 

Malgré des « concessions » cosmétiques, le Président de la République s’entête dans un projet qui remet en cause le droit de partir à la retraite à 60 ans, ce droit signifiant une retraite à taux plein dès lors que le nombre d’années de cotisations exigées est vérifié.

 

La réforme est particulièrement injuste pour les carrières longues, les personnes ayant exercé des travaux pénibles, ou encore les personnes ayant subi des carrières incomplètes (ce qui est notamment le cas des femmes, qui ont interrompu leur carrière suite à une maternité et qui en plus, au nom de l’égalité, ne bénéficieront plus de la même manière de la majoration par enfant élevé.)

 

Dans la pratique, même si le gouvernement n’en parle guère, la réforme revient à porter à 67 ans au lieu de 65 ans le droit à la retraite pour tous. Là encore, les femmes seront particulièrement touchées.

 

Il n’est pas besoin d’insister sur le déséquilibre criant du financement de la réforme, les revenus du capital étant à peine touchés au détriment des revenus du travail.

 

En 2007, M. Sarkozy annonçait la réhabilitation du travail. En réalité, ce qu’il a fait c’est « travailler plus… pour gagner moins ! »

 

En 1984, la montée progressive des manifestations avait conduit le Président de la république d’alors à retirer son projet de loi sur l’école privée, alors qu’il était l’une des 110 propositions du candidat Mitterrand. François Mitterrand avait eu la sagesse de reculer face à l’opinion. Plus près de nous, en 2006, Villepin avait fini par reculer sur le CPE, nouvelle version du SMIC-jeunes, déjà tentée par Balladur en 1994.

 

S’il est vrai que Nicolas Sarkozy n’est pas Mitterrand, il ferait bien de s’inspirer de son prédécesseur et d’écouter la colère qui monte de la France profonde.

Que cherche-t-il ? Montrer son autorité en gagnant une épreuve de force ? Qu’il prenne garde à ce que le mouvement n’échappe aux syndicats. Si ceux-ci sont déstabilisés, voire décrédibilisés, tout devient possible.

 

Alors que la sagesse serait d’engager de vraies discussions pour élaborer un consensus minimum, afin de préserver le système par répartition.

 

Il reste à espérer que c’est voie du dialogue qui l’emportera sur la logique d’affrontement qui prévaut à l’Elysée.

 

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre !

Par Philippe Tarillon - Publié dans : Réactions et combats
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