Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 00:00

Ce soir, le Président de la République a mis au premier plan deux ténors du gouvernement Balladur de 1993, MM Juppé et Longuet.

 

Eh oui, la nostalgie du grand Ballamouchi, alias l'étrangleur ottoman, qui serait devenu Président de la République s'il y avait eu nomination et non élection. Vous savez, l'homme qui souffrait quand il devait prendre le métro pendant les campagnes électorales. Dans ce remaniement, il ne manquait donc qu'Edouard et aussi Charly (Pasqua), encore que Claude Guéant afait ses premières armes au département des Hauts de Seine. Une référence!

 

Le départ de Mme Alliot-Marie n'est pas une surprise, il y allait de la crédibilité de la France, en particulier dans le bassin méditerranéen, espace essentiel de notre politique étrangère. Alain Juppé, celui que Jacques Chirac appelait "le meilleur d'entre nous" et dont la carrière avait été fracassée sur une dissolution ratée et surtout sur le financement occulte du RPR, est un homme d'Etat, aux convictions établies. Sa raideur, qui avait jadis mis la France dans la rue en décembre 1995, peut être finalement un atout pour ses nouvelles fonctionset redonner un peu de lustre à une diplomatie qui en a bien besoin, à condition que le touche à tout de l'Elysée veuille bien le laisser travailler. De ce point de vue, Juppé a obtenu, par le biais de sa nomination au ministère de l'Intérieur, l'éloignement du tout puissant secrétaire général de l'Elysée, véritable deus ex machina du régime.

 

Le Président de la république en a profité pour exfiltrer de la Place Beauvau l'ineffable auvergnat Brice Hortefeux, condamné deux fois en première instance pour ses dérapages verbaux.

 

Quant à la nomination de Gérard Longuet, dont on ne saurait oublier ni le départ précipité du gouvernement Balladur en 1994 pour causes d'affaires également, ni le vote sanction des Lorrains en 2004, s'agit-il d'une reconversion anticipée avant la défaite pas impossible de l'UMP au sénat cet automne?

 

Tout cela sent la précipitation, alors que l'équipe Fillon III n'est en place que depuis 4 mois. Quel sera le prochain mouvement? Le départ d'un Fillon menacé par la montée en puissance de Juppé, devenu bouée de sauvetage d'un sarkozysme en perdition? Une bonne leçon aux cantonales, dans moins d'un mois, pourrait y conduire.

 

Reste l'essentiel, la politique menée. Avec ce replatrage précipité, rien de neuf à attendre! Encore un an à perdre pour la France.

Par Philippe Tarillon - Publié dans : Polémiques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés