Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 22:50

Ce sujet ayant été débattu au conseil municipal du 10 septembre dernier, j'ai pensé intéressant de rendre public le texte de mon intervention au cours du conseil, pour mieux éclairer le débat.

 


Notre carte scolaire actuelle est le résultat de l’urbanisation rapide de notre ville dans les années 50, à une époque où les déplacements vers les écoles se faisaient essentiellement à pied et exigeaient donc une très grande proximité.

De cette époque, nous avons hérité deux écoles de forte capacité, à Sainte-Agathe et à Oury-Nord et 3 maternelles à deux classes.

 

Le projet consiste à créer un seul périmètre, avec une grande école maternelle à Oury-Nord et une grande école élémentaire à sainte Agathe, accompagné de la désaffectation de deux maternelles.

 

Nous ne sommes pas à la remorque des décisions du gouvernement qui, depuis des années, pousse à des fusions d’écoles, pour économiser des postes. A l’exception du site d’Ebange, où nous avons pris acte d’un consensus pour créer une école primaire, nous nous sommes opposés aux projets de fusion maternelle et élémentaire, pour préserver le rôle spécifique de l’école maternelle. D’autre part, nous refusons des projets de fusions qui conduiraient à une seule école, sur plusieurs sites, ce qui générerait une complexité évidente de gestion.

 

Grace à une nouvelle dynamique démographique, à l’attractivité de notre ville, à une politique de dérogations intelligente et à un haut niveau de services, la municipalité de Florange a pu limiter les mesures de carte scolaire, à un moment où la pression de l’Etat est particulièrement forte.

 

Je rappelle aussi que les seuils de fermetures de classes ne sont pas différents en fonction de la taille de l’école, ils sont fixés en fonction d’un nombre d’élèves par poste.

 

Je n’insisterai pas sur les avantages budgétaires de la solution proposée. Tant pour les investissements futurs que pour les frais de fonctionnement fixes. Il n’est pas besoin d’insister sur ce point, celui d’une gestion de bon sens, dans un contexte budgétaire et institutionnel de plus en plus difficile. Il est préférable de concentrer les moyens sur moins de sites, tout en veillant à la qualité de leur entretien et en leur donnant les moyens de bien fonctionner, dans l’intérêt des enfants. Rationaliser n’est pas un mot tabou, d’autres communes voisines l’ont fait et parfois depuis longtemps mais ce n’est qu’un des aspects du projet.

 

Nous nous devons pourtant d’anticiper, non sur la volonté de l’Etat d’obtenir des fusions, mais sur les risques qu’impliquent de petites écoles à faibles effectifs. Ces risques sont doubles:

 

- Soit une globalisation, par l’Inspection Académique, de la gestion des postes d'enseignants, ce qui nous serait très défavorable ;

 

- Soit une suppression d’une classe dans des maternelles à deux classes, une maternelle à une classe n’étant certainement pas, en milieu urbain, le meilleur choix pour les enfants.

 

Nous avons fait un choix en faveur de la maternelle. Nous croyons que celle-ci joue un rôle fondamental dans le processus de socialisation, d’acculturation de l’enfant, et donc dans la réussite scolaire et sociale. La scolarisation en maternelle des enfants de deux ans est contestée et, régulièrement, dans les milieux conservateurs, je dirai même réactionnaires au sens étymologique du mot, l’existence de la maternelle est contestée. Or une maternelle n’est pas une garderie ou un jardin d’enfants, elle est une vraie école. Notre projet est donc un engagement fort en faveur de la maternelle. A cet égard le site d’Oury-Nord, avec ses 3 cours de jeux et la réalisation d’une seconde salle de jeux, est particulièrement adapté.

 

Je peux comprendre que la taille de la nouvelle école élémentaire puisse créer des inquiétudes. Encore que la taille de la nouvelle école ne sera pas unique en Moselle. De même, ce n’est pas la taille d’une école qui est déterminante, mais les effectifs par classe, l’équipement de l’école et ses infrastructures. De ce point de vue, le projet, par les investissements prévus, donne toutes les garanties.

 

La mise en œuvre du projet devra se faire en concertation avec les enseignants et les parents d’élèves et répondre aux inquiétudes soulevées. Tous les aspects devront être traités, en particulier ceux liés à la sécurité routière.

 

Les écoles constituent une des dépenses essentielles du budget communal. Elles sont et resteront prioritaires, car donner à nos enfants le maximum de chance est un impératif absolu pour moi et mon équipe. Dans ces conditions, l’aspect budgétaire, s’il n’est pas à négliger, est au final secondaire par rapport aux objectifs du projet et à son contenu qualitatif. Ce soir, nous invitons le conseil municipal, mais aussi tous les acteurs concernés, à dessiner l’école de demain!

 

 

Par Philippe Tarillon - Publié dans : Le maire de Florange
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