Partager l'article ! Question au Préfet sur la situation d'Uckange: Lors de la dernière réunion trimestrielle, qui vient de se dérouler, les conseillers générau ...
Lors de la dernière réunion trimestrielle, qui vient de se dérouler, les conseillers généraux avaient la possibilité d'interroger le Préfet de Région. Voici le texte de ma question qui concernait la situation à Uckange.
Question à Monsieur le Préfet de Région, séance du Conseil Général de Moselle du 30 septembre 2010.
Monsieur le Préfet, Mes chers collègues,
D’autres collègues se sont déjà exprimés sur le sujet de la sécurité, l’une des prérogatives régaliennes essentielles de l’Etat.
Au-delà de la problématique générale, qui fait ressortir l’échec des politiques suivis en la matière depuis 2002, tout particulièrement en ce qui concerne les atteintes aux personnes, je voulais aujourd’hui, en tant que conseiller général de la Moselle, me faire le relais des habitants de la population et des élus d’Uckange.
Cette petite ville de 7.500 habitants, dont plus de la moitié de la population vit dans un quartier classé en zone urbaine sensible, n’en peut plus.
Vous m’opposerez peut-être des statistiques, qui n’ont d’ailleurs pas, depuis un certain temps, été communiquées au conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et qui reflètent d’abord le niveau des plaintes. Ma question se fait le relais du ressenti des habitants, de leur sentiment de vivre dans une zone de non droit. Leur quotidien, depuis près de 20 ans, est fait d’incivilités en tout genre, de rodéos dangereux, de cambriolages, incendies de véhicules et de conteneurs. Les méfaits des dealers s’étalent au grand jour. Des armes à feu circulent sur la ville.Une récente intervention du Groupe d’Intervention régional, le GIR, a d’ailleurs eu pour objectif de démanteler certains des réseaux que dénoncent les Uckangeois.
La municipalité d’Uckange s’est inscrite avec détermination dans tous les dispositifs de prévention, qu’il s’agisse de la politique de la ville ou de la vidéo protection. La Ville d’Uckange attend, depuis 2003, la concrétisation de son processus de rénovation urbaine, qui a fait l’objet d’un protocole ANRU en 2009. Je sais, Monsieur le Préfet, l’attention que vous portez personnellement, avec le soutien des collectivités qui ont été sollicitées, au règlement du dossier de la copropriété dégradée de 199 logements, qui, à elle seule, concentre près de 1.000 habitants et toutes les problématiques dont souffrent cette ville et ses habitants, au cœur du quartier Ouest.
La municipalité d’Uckange a récemment et publiquement lancé un cri d’alarme pour attirer l’attention de l’Etat, au plus haut niveau gouvernemental, sur cette situation.
Qu’il soit bien clair, Monsieur le Préfet, que le travail de terrain des gendarmes d’Uckange n’est pas en cause, il est reconnu et salué. Ce qui provoque la réaction des Uckangeois, c’est que les moyens consacrés jusqu’à présent pour assurer la sécurité des personnes et des biens ne sont manifestement pas à la hauteur de ce qui serait nécessaire pour rétablir la tranquillité publique et lutter contre un trafic de stupéfiants ancré dans cette partie de la ville.
De même, dans le respect de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la magistrature, appartient-il au parquet, sous l’autorité de la chancellerie, de requérir la plus grande fermeté dans l’application des lois de la République, ce qui est indispensable à l’efficacité du travail de terrain de la gendarmerie.
Monsieur le Préfet, Uckange a conscience de ne pas être à l’échelle des problèmes de délinquance rencontrées dans notre pays sur les grandes concentrations urbaines. Les Uckangeois ne comprendraient pas que la République ne se donne pas les moyens, au-delà d’actions ponctuelles et spectaculaires, pour inverser cette situation qu’ils ne supportent plus.
Monsieur le Préfet, je m’adresse à vous, représentant de l’Etat sur le territoire, pour que, d’une part, le processus de requalification urbaine, qui a déjà pris trop de temps, entre enfin dans une phase active et pour que, d’autre part, vous vous fassiez le relais de la détresse des Uckangeois et de leurs élus de proximité. Monsieur le Préfet, ils comptent sur vous pour que leur appel soit entendu en vue d’une action renforcée et durable en matière de lutte contre la délinquance dans leur ville, avec les moyens nécessaires. Ainsi cette ville retrouvera sa sérénité et ses habitants un droit élémentaire pour tout citoyen, celui de vivre en sécurité et en toute tranquillité.
Philippe TARILLON
Maire de Florange
Conseiller Général de la Moselle
Président de la Communauté d'agglomération du Val de Fensch
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